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Les différentes formes de violences

La violence conjugale se vit de différentes manières. On entend souvent dire d’une femme victime de violence conjugale que c’est une femme battue, faisant référence à la violence physique. Il s’agit là effectivement d’une forme de violence, cependant, ce n’est pas la seule. Il existe d’autres formes de violences que les agresseurs peuvent utiliser afin de maintenir et exercer le contrôle sur leur victime. Ces formes de violence sont plus subtiles et renvoient à une panoplie de comportements visant toujours le même objectif, réduire la liberté et le pouvoir de la femme.


Violence physique

La violence physique est la forme de violence la plus connue et la plus visible puisqu’il s’agit de coups et blessures pouvant laisser des marques. Certaines femmes partagent avoir été bousculées, tirées par les cheveux, serrées par les bras. Sont aussi inclus dans la violence physique des gestes comme ; lancer des objets, détruire le mobilier, défoncer des portes, faire des trous dans les murs.

Violence verbale

Tandis que la violence physique se voit, la violence verbale, elle, s’entend. Ainsi, elle se manifeste par des cris, mais peut aussi se faire dans le chuchotement. En fait, la violence verbale peut aussi s’exprimer dans le ton utilisé pour donner des ordres, menacer, insulter ou rabaisser la femme. La violence verbale crée chez la femme une tension, une peur qui la maintient dans un état d’insécurité.

Violence psychologique

La violence psychologique est plus difficilement identifiable, mais tout aussi destructrice. Lorsque les femmes se racontent, elles nous la définissent comme étant la forme de violence la plus troublante, la plus sournoise. La violence psychologique se traduit par une série d’attitudes et de propos soit ; dénigrants et humiliants visant à ridiculiser, insulter, rabaisser la femme ou à ignorer ses besoins. Sont aussi inclus dans la violence psychologique des comportements comme ; bouder, harceler, accuser ou encore menacer d’enlever les enfants ou de dénoncer à la DPJ, garder le silence, contredire, avoir le regard menaçant, tourner la discussion en farce, menacer de se suicider, dénigrer la personne dans ses compétences, nier ce qu’il a fait ou ce qu’il a dit, menacer de partir ou de mettre à la porte. Ceux-ci peuvent amener la femme à douter d’elle-même, de ce qu’elle pense et de ses choix.

Violence économique

Quand une femme est restreinte dans son indépendance financière par son conjoint, il s’agit d’une forme de contrôle qu’on appelle de la violence économique. En effet, un homme peut amener sa conjointe à dépendre de lui financièrement par différentes stratégies : il peut l’empêcher ou l’obliger à travailler, l’obliger à lui remettre son revenu, ou lui en refuser l’accès. Aussi, il peut la forcer à signer des engagements financiers (ventes, prêts, cartes de crédit, etc.) ou gérer son argent à son insu. Il peut aussi exercer son emprise en maintenant la femme dans l’ignorance du budget, gardant ainsi le contrôle total sur les dépenses en vêtements, l’épicerie ou les loisirs.

Violence sexuelle

La violence sexuelle est peut-être la plus difficile à identifier et à nommer. Violence qui a été passée sous silence très longtemps et qui est encore aujourd’hui taboue. Cela vous étonne ? Après tout, jusqu’en 1983, le viol entre conjoints n’existait pas au terme de la loi ! La violence sexuelle se traduit, entre autres par le fait de forcer la femme à avoir des rapports sexuels contre son gré, parfois avec plusieurs partenaires. Il peut aussi y avoir des gestes non consentis comme de mordre les seins, attacher sa partenaire, la traiter de nom (salope, cochonne, putain, etc.). Certains peuvent aller jusqu’à forcer leur conjointe à se prostituer. La violence sexuelle peut aussi prendre des allures de violence psychologique, car un homme peut utiliser cette forme de violence pour dénigrer la femme, notamment en la comparant à d’autres femmes, à des modèles de magazine ou encore en se référant à des sites pornographiques.

  • La violence conjugale c’est quoi au juste? , Regroupement des maisons d’hébergement pour femme victime de violence conjugale, 2006, D. Prud’homme et F.Guenette, SC impression
  • Briser le silence, Table de concertation en violence conjugale et agressions à caractère sexuel Laval (TCVCASL)