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La violence conjugale c’est quoi?

Comment peut-on définir la violence conjugale?

Dans les médias on a beaucoup parlé de la violence physique, car elle est visible et criminalisée par la loi (coups, blessures, menaces de mort, homicides, gifles, etc.) mais toutes les femmes s’entendent pour dire que les violences psychologiques, verbales, sexuelles, économiques et autres sont aussi destructrices.

Parmi ces violences moins visibles, on retrouve le dénigrement, les humiliations, les propos dégradants, le contrôle des dépenses, l’isolement, le chantage, les menaces, le contrôle des rapports sexuels, l’usage de la porno sans consentement des deux conjoints, les menaces de suicide, le contrôle des rapports avec la famille ou les amies.

La violence conjugale ce n’est pas un problème de communication dans le couple.

La violence conjugale est un problème social qui découle des inégalités entre les hommes et les femmes. Ces inégalités découlent du système patriarcal, c’est-à-dire que les hommes dirigent majoritairement ce qui influence nos vies : ils votent les lois, les appliquent, ils dirigent les grandes entreprises et les gouvernements, détiennent les grandes fortunes, etc. Ce système prétend que le sexe masculin est le sexe fort et que le sexe féminin est le sexe faible!!!

Il ne faut pas se méprendre, malgré la rumeur voulant « qu’au Québec, ce sont les femmes qui portent les culottes », et autres balivernes sur le féminisme qui serait allé trop loin… Ce sont toujours les femmes qui forment la majorité des victimes d’abus. Ce sont elles qui occupent la plupart des emplois peu rémunérés, et elles ont encore besoin de s’occuper en majorité des enfants tout en travaillant à temps plein, en n’oubliant jamais de sourire et d’être séduisantes!

Donc les hommes et les femmes ne sont pas considérés comme des êtres humains égaux, même ici, ce qui ouvre la porte à toutes sortes d’abus à l’égard des femmes.

La violence conjugale ce n’est pas une chicane de couple.

La chicane relève davantage d’une réaction de colère alors que la violence conjugale est une stratégie récurrente pour reprendre le pouvoir sur l’autre, pour dominer l’autre, pour faire taire l’autre.Si c’est toujours le même des deux qui cherche l’affrontement, que c’est lui qui en ressort « vainqueur » à tout coup, qu’il est prêt à changer de sujet, à inventer des choses, à revenir sur le passé constamment pour vous faire taire et vous soumettre, ce n’est pas de la chicane, c’est de la violence.

Lorsqu’il y a violence conjugale, la responsabilité n’appartient pas 50% à la femme et 50% à l’homme.

L’agresseur est entièrement responsable de la violence qu’il fait subir et rien ne peut justifier sa violence. L’agresseur justifie sa violence cependant. Il vous dira que c’est à cause de son patron qui lui en demande trop, qu’il est fatigué, que vous n’êtes pas assez sexy ou trop sexy, que la maison est à l’envers, que les enfants sont mal élevés, que vous ne rapportez pas assez d’argent, que vous êtes paresseuse et quoi encore! Il reporte la responsabilité sur les autres et il fait croire que lui, il est ok.

Quoi faire pour s’en sortir?

Plusieurs femmes n’osent parler de ce qu’elles vivent par honte, par peur des jugements, par peur de n’être pas être crues, par peur des représailles du conjoint. Ces peurs sont bien normales et légitimes et pourtant, les femmes DOIVENT trouver une façon de BRISER LE SILENCE, c’est essentiel.

C’est là qu’on fait appel à des personnes en qui on a confiance. Peut-être des gens de la famille, des amies, des professionnels de la santé, une voisine, une intervenante en maison?

Briser le silence ça libère et c’est le début d’une reprise de pouvoir sur sa vie.

Les femmes doivent VEILLER À LEUR SÉCURITÉ ET À CELLE DE LEURS ENFANTS lorsqu’elles décident de mettre fin à la violence. Les agresseurs peuvent devenir plus dangereux s’ils craignent un départ. Les femmes doivent se méfier de leur grand besoin de garder le contrôle. Lorsqu’une femme décide de partir, il vaut mieux qu’elle se réfugie hors de la portée du conjoint, car si celui-ci sait où elle est, il peut continuer son harcèlement et sa violence. C’est la mission de notre ressource d’assurer de la sécurité pendant la période de transition. Notre adresse est confidentielle et notre maison est bien organisée. De plus, il est plus facile de réfléchir et de faire des démarches quand on est en sécurité avec ses enfants.

Quitter un conjoint violent est un gros défi très exigeant et épuisant. Il est important d’avoir du SOUTIEN ET DE L’AIDE pour traverser cette période, et d’aller vers des personnes ou des organismes qui sont en mesure d’offrir de l’écoute, de l’information, de l’accompagnement. Il existe des groupes de femmes victimes de violence qui se soutiennent et s’outillent en partageant leurs expériences.

Le système judiciaire peut jouer un rôle majeur dans plusieurs circonstances. Lorsque le conjoint fait des menaces de mort, frappe, pousse, gifle, lance des objets, viole, séquestre, harcèle, les policiers doivent intervenir et les femmes peuvent PORTER PLAINTE. Les agresseurs doivent donc répondre de leurs actes devant la loi.

Est-ce que la violence conjugale peut toucher toutes les femmes, quel que soit leur statut social?

Oui, les conjoints contrôlants et prêts à utiliser la violence pour conserver leurs privilèges et leur domination se retrouvent dans toutes les classes sociales et font des victimes dans toutes les classes sociales.