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Historique

L’impulsion de départ

Pendant près de trois ans et plus intensivement à l’automne 1984 et à l’hiver 1985, un groupe de huit femmes préoccupées socialement se donne le mandat d’avoir une maison d’hébergement pour les femmes de Saint-Jérôme, un lieu bien à elles pour recevoir de l’aide comme victimes de violence conjugale. Elles ont fait le constat qu’il y a très peu de ressources pour les femmes dans la communauté. Ces femmes sont soucieuses que les femmes victimes de violence n’aient plus à s’éloigner de leur famille, de leur travail, de l`école des enfants pour recevoir de l’aide et être en sécurité.

Le 29 janvier 1985, elles obtiennent les lettres (Charte) pour l’incorporation. Ces pionnières fondatrices sont Lise Bastien, Marcelle Bastien, Shirley Ann Leclerc, Céline Nadon, Gyslaine Paquin, Suzanne Varin, Christiane Forget et Marie Campbell Boucher. Elles mettent sur pied le conseil d’administration provisoire.

Mais pourquoi le nom de Maison d’Ariane ?

« On se rappellera que dans la mythologie grecque, Ariane donna à Thésée le fil à l’aide duquel il put sortir du labyrinthe après avoir tué le Minotaure. À la lumière de cette fresque légendaire, la Maison d’Ariane tentera de trouver le fil qui permettra à chaque femme de sortir de son labyrinthe de problèmes. »

« Nous avons rencontré plusieurs groupes sociaux dont l’Association féminine d’éduca-tion et d’action sociale(AFEAS), les Richebelles, le Centre local de services communau-taires Arthur-Buies (CLSC), le député du comté de Prévost Robert Dean et nous avons fait signer une pétition de près de 1,000 noms souligne Mme Boucher »

Citations tirées de l’article, « Saint-Jérôme aura sa maison d’hébergement pour femmes », Journal Écho du Nord, 30 janvier 1985.

La naissance de la maison

Le 4 février 1985 avec une subvention ponctuelle du programme Canada au travail, une équipe de 3 femmes se joint aux pionnières. Il s’agit de Danielle Fafard, de Chantal Saint-Georges et de Denise Brouillard.

Tout est à faire, les besoins sont énormes : ressource d’hébergement, halte-garderie, centre de documentation, centre de femmes, ressource pour femmes victimes d’agression sexuelle, programme d’intervention à la non-violence dans les écoles primaires, secondaires et au CEGEP, etc. Le mandat est grand.

Conjointement avec le conseil d’administration provisoire, une consultation est menée à Saint-Jérôme, Sainte-Sophie, Saint-Colomban et Prévost en avril 1985. L’objectif de la consultation est de connaitre le point de vue des femmes et des organismes de la communauté sur les besoins des femmes victimes de violence conjugale. Il en ressort clairement la nécessité d’une maison d’hébergement. La communauté répond à l’appel et manifeste son appui.

Dès l’entrée en poste des travailleuses, des contacts sont faits avec le Regroupement des maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale et leurs enfants qui donne accès à leur expertise, leur analyse et à des formations dont une portant sur les enfants et la violence conjugale.

Une préoccupation anime l’équipe : favoriser une approche d’empowerment. Les femmes victimes de violence ont besoin d’être en sécurité physique et psychologique, de briser leur isolement et d’être écoutées, soutenues par le biais d’une relation d’aide qui favorise l’autonomie, la solidarité et l’entraide pendant et après l’hébergement.

À toutes les femmes impliquées, il apparait essentiel de s’outiller et de se former collectivement et cela avant même l’ouverture de la maison. Il faut se donner des bases communes pour l’intervention auprès des femmes et des enfants. Une formation est mise sur pied pour les bénévoles par le département de travail social du CEGEP de Saint-Jérôme : relation d’aide, écoute active, etc. Car il faut le dire, l’apport des bénévoles, a été essentiel et vital pour la mise sur pied de la Maison d’Ariane.

Une première demande de subvention au ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec est faite. La réponse est positive et en juillet 1985, une subvention annuelle de 55 000 $ est accordée.

Le 12 août 1985, c’est l’accueil des premières résidentes dans un logement où 3 chambres peuvent accommoder 3 femmes et leurs enfants. La Maison d’Ariane, c’est du 24 heures, 7 jours semaine. Des services d’écoute, de soutien, d’information, de référence et d’accompagnement sont offerts aux femmes hébergées. Un projet est mis sur pied pour l’animation auprès des enfants des femmes hébergées.

En 1986, une formation façonne particulièrement l’intervention. Il s’agit de l’approche féministe conscientisante en santé mentale. Aussi, il y a les formations du Regroupement ainsi que celles du GECEP dont des cours en auto-défense.

Toujours en 1986, les membres du conseil d’administration et de l’équipe réfléchissent à la philosophie et aux valeurs portées par la Maison d’Ariane. Leurs réflexions ont été mises par écrit : « Document de travail sur la philosophie de la Maison d’Ariane » du 2 décembre 1986.

Tout cela a été possible grâce au dévouement des membres du conseil d’administration, des travailleuses et des nombreuses bénévoles. Elles ont cru et uni leurs efforts, sans relâche, pour que la Maison d’Ariane existe et offre des services de qualité, et cela malgré le peu de moyens financiers.

La Maison d’Ariane, une histoire qui s’écrit collectivement.

Bibliographie

  • Lettres Patentes, LA MAISON D’ARIANE, Inspecteur général des institutions financières, Gouvernement du Québec, 29 janvier 1985
  • Document de travail sur la philosophie de la Maison d’Ariane, Maison d’Ariane, Lise Forcier, vice-présidente et Denise Brouillard, coordonnatrice, 2 décembre 1986
  • Document de travail pour l’achat de la Maison (à compléter)
  • Procès-verbaux des premières années de fonctionnement de la Maison d’Ariane

Rétrospective

Voici quelques dates officielles et historiques de la Maison D’Ariane

1985
29 janvier Incorporation de la Maison d’Ariane
4 Février 1e journée de travail des 3 travailleuses, projet Canada au travail, salaire 250$/semaine
Avril Consultation publique
11 juin Rencontre du conseil administration
1er juillet Aménagement du logement qui deviendra la Maison d’Ariane
4 juillet Octroi de la première subvention annuelle du MSSS au montant de $55,000
12 août Ouverture de l’hébergement
Septembre Campagne de financement, objectif : $20,000
Adhésion au Regroupement Provincial des maisons d’hébergement
Salaire :$6.25/ heure
Octobre Conseil administration parle d’achat d’une maison
Novembre Création du Logo
Assurances collectives
Membre du Roc (regroupement des organismes communautaire)
Fin décembre : La Maison d’Ariane a hébergé : 28 femmes et 23 enfants depuis son ouverture avec 3 chambres de disponible
1986
Janvier Campagne de financement, objectif : 10,000 $
Avril Danger de fermeture, reste $$$ pour 3 mois, demande de marge de crédit de 15,000 $
Mai Assemblée générale annuelle
Juillet Tournoi de golf de SQ. : 800 $
5 organismes communautaires se rallient pour de l’autofinancement :
  • l’Antre-Jeunes, la Maison des Jeunes, le Centre de la famille, Concertavie et la Maison d’Ariane
  • Objectif commun de campagne : 25,000 $.
3 comités sont formés : intervention, organisation et financement.
Changement à la charte, « de femmes en difficultés » pour « femmes victimes de violence conjugale et leurs enfants »
Août Réception de la subvention du MSSS : $55.000 pour l’année 1986-1987 et le Per diem :$10,000 pour femmes victimes de violence
Comité de travail : conditions de travail